Accoucher par césarienne par Camille

"Je m’appelle Camille, j’ai 31 ans. J’habite depuis octobre 2020 à Bordeaux. J’ai eu mon premier enfant, Jules, le 12 février 2020 à Port Royal à Paris. Je viens de terminer ma reconversion professionnelle pour devenir artisan fleuriste, après presque 10 ans dans l'événementiel.

L’arrivée de Jules a été une véritable surprise, on s’est toujours dit qu’on aurait des enfants mais on n’avait pas prévu que ça arrive « aussi vite ». 

Découverte

Ça a été le choc au départ, et puis la joie. Pas immédiatement dans l’explosion de joie parce qu’on était mitigé entre la peur, ensuite le bonheur et le chamboulement très soudain qui nous attendait. Surtout, parce qu’autour de moi je n’ai eu que des parcours de grossesses très compliqués donc ce n’était pas possible que ça fonctionne ”aussi facilement” pour nous.

J’ai la chance d’être entourée de ma tante qui est sage-femme et qui m’a tout de suite accompagnée dans les premiers stress que l’on peut rencontrer lorsque l’on apprend que l’on est enceinte : s’inscrire à la maternité, d’accord, mais laquelle…  Ce que je me suis empressée de faire alors que mon amoureux n’était même pas encore au courant que j’étais enceinte. Dingue non ? A priori c’est comme ça qu’on procède à Paris (ahah). Dans toute cette agitation de début de grossesse “surprise”, le plus difficile, c’est de ne pas comprendre le protocole, ce que signifie maternité de niveau 1, 2 ou 3, accouchement physiologique, césarienne, ce que cela peut impliquer pour toi, pour ton bébé à venir. 

Au même moment que cette nouvelle de dingue nous tombe dessus, ma grand-mère, dont j’étais très proche, est en train de partir. Nous avons d’ailleurs fait la première échographie le 16 août 2019 à Marseille, l’échographe nous apprend qu’il y a 80% de chance que ce soit un petit garçon, nous l’annonçons à toute ma famille restée auprès d’elle le jour même. Elle s'éteint dans la nuit avec cette nouvelle. Je suis si heureuse d’avoir appris le sexe de mon bébé aussi tôt et d’avoir pu le partager avec cette personne si précieuse pour nous. 

Quand je suis rentrée, les maux du premier trimestre se sont installés : nausées atroces, fatigue extrême. Il fallait que je dorme 2 à 4 heures en journée et je ne mangeais rien d’autre que des lasagnes surgelées premier prix. Sans commentaire… 

Comme la famille de mon amoureux est à Bordeaux, nous avons attendu les trois mois révolus pour y aller et leur annoncer la nouvelle en personne. Nous avons vécu un grand moment d’émotion, rempli de joie, dans ce moment de vie étrange et triste. La grossesse était belle et bien confirmée et bébé en pleine forme… 

 

La grossesse

Au moment où je tombe enceinte, nous vivions dans le 12ème arrondissement de Paris, dans un appartement que nous adorions, petit mais vraiment superbe. Professionnellement, c’était le moment du gros chamboulement. J’avais quitté mon CDI dans l’événementiel 6 mois plus tôt et je m'apprêtais à démarrer une formation de fleuriste, très intense, à l’Ecole des Fleuristes de Paris. Je décide de décaler cette formation à l’année d’après. 

En fait, étant de nature très anxieuse, je me rends compte que je vais me focaliser sur ma grossesse et que je ne pourrai rien faire d’autre pendant 9 mois. J’ai très peur de ce qu’il peut se passer…

Comme mon mec ne peut pas ressentir la grossesse, on a décidé de faire pleins de choses, à la fois pour comprendre et acceuillir au mieux cette énorme nouvelle, mais aussi pour tenter de ne passer à côté de rien… donc on a décidé de faire de l’haptonomie avec une sage-femme libérale. Finalement, je ne faisais vraiment que ça pendant 9 mois : rendez-vous mensuel chez ma sage-femme pour le suivi de grossesse, rendez-vous chez la sage-femme pour l’haptonomie, cours de préparation à la naissance, grosse sieste, balade avec les amis pour éliminer les dej ahah… 

En ressenti par contre c’était quelque chose, je ne pense pas vraiment avoir aimé être enceinte : étant donné que j’avais tous les maux de grossesse, avec la fatigue qui est quand même handicapante, je n’ai pas vraiment apprécié cette métamorphose physique, je ne me sentais pas bien. De nature complexée, je n’ai pas forcément aimé les premiers mois avec ce ventre qui peine un peu à sortir et que pourtant tout le monde regarde… je n’étais pas très à l’aise. Mais bon, la fin est quand même marrante (ou pas), quand tu es énorme, que tu marches limite les jambes écartées ahah. Le plus dur, ça a été cette histoire de crème quotidienne à mettre sur le corps… 

Prendre soin de soi

J’ai mis de l’huile tout de suite, j’avais très peur que ma peau craque. On imagine difficilement “l’après” quand on est enceinte de son premier enfant. Mais ce qui est sûr c’est que mon après à moi je ne le voyais pas avec des vergetures. 

D’abord, j’ai utilisé l’huile Weleda, avec une odeur que je ne supportais pas. Et j’ai fini avec la Dailily, ça sentait le Petit Lu et du coup ça me plaisait beaucoup plus. D’ailleurs, je continue de mettre de l’huile encore aujourd’hui, j’ai gardé ce rituel. 

En post-Partum, m’hydrater le corps tous les matins m’a permis d’accepter ce ventre vide, de regarder puis de masser ma cicatrice…  donc d’appréhender ce nouveau corps. 

Préparation à l’accouchement

Ma mère, ma tante et ma grand-mère maternelle ont accouché par césarienne. Donc, pour moi, je n'envisagerai pas vraiment autre chose qu’une césarienne puisque j’avais toujours entendu parler de cette manière de donner la vie. Et puis finalement, il y a comme un challenge, et tu commences à être mise au fait que l’accouchement par voie basse  “est mieux” pour plein de raisons. 

Césarienne quoi qu’il en soit 

J’ai quand même tenté de croire que j’accoucherai par voie basse. Et quand je faisais les cours de préparation à la naissance, j'essayais vraiment de m’en convaincre mais je me rends compte aujourd’hui, que je ne me suis absolument jamais projetée sur ce type d’accouchement. 

Lors de la dernière échographie, j’apprends que mon bébé est en siège. Je n’ai aucune idée de ce que cela signifie mais surtout de ce que cela implique. Le personnel médical qui m’entourait m’invite à tout tenter pour le retourner : me voilà partie pour différentes séances d’acupuncture, tester différents exercices à la maison mais également pourquoi pas tester une VME “version par manœuvre externe” à l’hôpital. 

J’ai catégoriquement refusé cette dernière technique pour la simple et bonne raison qu’elle est douloureuse, risque de déclencher les accouchements et ce n’est pas dit que l’accouchement se passe par voie basse. Au moment de mon refus d’ailleurs, j’ai le souvenir d’avoir dû me justifier, j’ai ressenti une forme d’injonction. Nous apprenons quelques jours plus tard que mon bébé présente un poids important, en plus de ne pas s’être retourné naturellement  et donc la césarienne devient une évidence.  

Ce n’était plus une question de choix mais une question de ce qui est médicalement le plus safe pour l’enfant et pour moi. Mon mec était vachement serein par rapport à la césarienne, pour lui c’était top. Moi j’essayais de lui dire de ne pas le voir comme ça, que idéalement il faudrait pouvoir accoucher de la manière la plus naturelle possible. Là, on est très loin de l’accouchement physiologique dans sa piscine à la maison (rire). 

Donc, nous allons accueillir notre fils par césarienne. Il n’y a plus de doutes. Seulement, les cours de préparation à l’accouchement classique ne m’y prépare pas. Nous avons demandé à notre sage-femme haptonome de nous y préparer : elle a fait mieux que ça, nous avons eu une simulation du Jour J : elle m’a mise en place, placé mes pieds, mes bras en croix, m’a expliqué où allait être placé le champ, où allait se trouver David. 

Lors du dernier rendez-vous à la maternité, compte tenu de la position de bébé et de mon refus de la VME, on nous propose de programmer la césarienne. Ce que nous faisons : nous choisissons la date du 18 février 2020. Les 39 semaines étant passées, pas de problème. 

Nous avons annoncé que notre enfant naîtra par césarienne à quelques proches et j’ai été très étonné des réactions que nous avons eu, pour la plupart négatives : évocation d’un souvenir douloureux, incompréhension pour d’autres… la césarienne programmée ne faisait clairement pas l’unanimité. 

Heureusement que notre sage-femme haptonome, d’une grande bienveillance, nous avait préparé au DDAY et que je lisais, de mon côté, des articles et des livres sur ce qui allait se passer, ainsi que sur le post-partum. Je me demandais ce qu’allait donner ce corps dans lequel je n’étais pas très à l’aise avec cette cicatrice pour la vie. 

Je me rappelle d’ailleurs avoir lu le récit d’accouchement de Caroline Receveur au sujet de sa césarienne dite “de confort”. Elle disait quelque chose autour du chemin (le travail) que tu fais dans la douleur (contractions) pour accueillir ton enfant et qu’on n’est pas obligé d’accepter de souffrir. Chacun ses choix, son projet de naissance, son chemin. 

Je me suis vraiment questionnée sur “le chemin” que je souhaitais prendre pour accueillir notre premier enfant. Pour certaines personnes, faire ce chemin est essentiel, il y a quelque chose qui se passe, c’est un rite de passage. Personnellement je me suis dit que ça faisait neuf mois que je ne faisais que ça, que j’étais au taquet. J’ai préféré accoucher dans le calme sans les larmes, les cris, les déchirures, l’épisiotomie, le périnée déglingos et compagnie. Je me suis dit que je ne ressentais pas ce besoin-là. Mon chemin à moi, ce serait de prendre le métro le matin avec mon mec, complètement sereins, le truc carré. J’avais revu l’haptonome, on avait bien cadré tout ça, on était prêts.

 

L’accouchement

Sauf que ça ne s’est pas du tout passé comme ça. 

Dans la nuit du 11 au 12 février 2020, je perds les eaux. Nous nous rendons à la maternité vers 2h du matin en Uber, hyper sereins, on a beaucoup ri, regardé des séries pendant le monito. On nous confirme qu’effectivement bébé arrivera par césarienne mais plutôt au petit matin comme il n’y a pas d’urgence. J’ai le temps de commencer à me mettre en travail et de ressentir quelques contractions avant que l’on vienne me chercher. J’ai le souvenir d’avoir négocié avec l’infirmière de garde cette nuit là pour ne pas me laver les cheveux à la bétadine, pas que j’étais contre l’idée de me laver les cheveux, mais parce que je venais de me faire un lissage brésilien très cher… 

L’instant T

Une fois arrivée au bloc, j’ai eu très froid. La pose de la rachianesthésie s’est très bien passée car, grâce à mon haptonome, j’avais été formé à ne rien sentir et adopter la bonne posture. L’équipe m’installe, je ne sens plus mes jambes, mes bras sont en croix, je tremble à cause du produit (ce que je savais), l’équipe m’installe de quoi me réchauffer. Je reconnais à peine mon amoureux, avec sa charlotte et son masque, il était hyper calme et souriant. Sa présence me rassure. Il est 07h00 et l’équipe vient de faire un test pour savoir si je sentais quelque chose : c’est parti. Quelques minutes après nous voyons passer un petit être au dessus du champs… Les mots que j’ai prononcés à cet instant précis resteront gravés (c’était “OH PUTAIN” ahahah)… et j’ai ressenti un sentiment absolument inexplicable à la vue de mon bébé, un frisson qui me traverse le corps instantanément à sa vision… il parait que l’on appelle cela le “bliss”. L’équipe est venue nous le présenter, David a porté notre bébé et m’a collé sa joue contre la mienne. J’ai senti la peau de Jules contre la mienne, sa joue ronde et si douce. J’étais transpercée d’émotions. Puis il est parti avec son père pour les premiers soins et vérifier que tout allait bien. Nous le savions, nous y étions préparés. Ils sont ensembles, de mon côté je dois être refermée et aller en salle de réveil. 

Une fois installé en chambre, j’ai demandé à être levé au plus vite, ce que j’ai fait tant bien que mal à 18h. Ce n’était pas simple, je ne vais pas le cacher, les agrafes sont douloureuses, la posture est difficile à tenir, la gravité fait son travail. Mais j’étais fière d’être debout. Je suis allée prendre une douche et me regarder devant le miroir. J’ai regardé ce corps mou, avec cette cicatrice. Et je peux dire que je ne me suis jamais trouvée particulièrement jolie devant un miroir mais alors ce jour la… je me suis trouvée si belle, si courageuse. J’ai adoré ce que je voyais alors que honnêtement… mais j’étais si fière ! Nous étions tous les trois en chambre, et s’il avait fallu recommencer exactement la même chose le lendemain matin j’y serai allée sans hésitation. Je me sentais bien, très calme, tout s’était si bien passé, nous avions eu de merveilleuses émotions positives pendant cette journée… inexplicables.

Notre suite de couche s’est passée. Jules est né à 3.980 kg et a perdu plus de 10% de son poids. L’équipe m’a un peu stressé avec ça, j’ai opté pour un allaitement mixte toute suite : mes premières crevasses étaient bien installées, j’étais exténuée de la césarienne, l’équipe vient te voir toutes les 2h de jour comme de nuit, impossible de récupérer donc j’ai fait le choix qui me semblait être le mieux dans le contexte dans lequel nous nous trouvions. Ma chute d’hormone a eu lieu pendant la suite de couche, pendant 48h, beaucoup de larmes et d’angoisse, un énorme sentiment de vertige mais j’étais hyper bien entourée et rassurée par mon amoureux et l’équipe de Port Royal. Nous avions fait le choix de ne pas avoir de visite à la maternité, je ne regrette absolument pas cette décision. 4 jours suspendus et hors du temps pour faire connaissance à 3, c’est fondamental. 

À notre retour à la maison, David avait tout préparé, tout géré. J’avais l’impression d’être portée par mon mec, et j’ai très vite compris en étant à la maison avec Jules que tout d’un coup il ne pouvait plus rien m’arriver. Je me suis sentie complète et sereine avec NOTRE famille. 

 

Trouver sa voie professionnelle et post-partum 

La magie de la vie m’a mis sur la route de Sophie Le Roy en juillet dernier. Sophie a fondé un lieu de vie au cœur des Chartrons à Bordeaux : La Gaité. On y trouve du prêt-à-porter homme et femme,  de la déco. Une sélection de marques et de pièces sélectionnées avec soin. Je l'accompagne sur la gestion de la boutique mais également sur la création de contenu. C’est une véritable aventure entrepreneuriale dans laquelle je m’éclate et je m’y sens vraiment bien. Il me semble que le plus important c’est de se sentir épanouie dans son projet pro. A côté de mon boulot, j’ai créé un eshop de fleurs séchées : Des Fleurs pour lequel je fonctionne à la commande. Ou bien il m’arrive de sortir une capsule de petit bouquet sec, cloches, couronnes… 

Peut-importe ce que l’on fait, tant qu’on a envie d’y aller ! Avec David, on prône le « parent heureux, enfant heureux ». Après, je ne te cache pas que le tunnel du matin et du soir sont des vrais marathons. Mais je crois qu’on peut dire que nous avons trouvé notre équilibre. 

Quoi qu’il en soit, je ne peux plus me permettre d’être malheureuse quand je rentre du travail, je ne veux pas montrer la négativité à mon fils. 

Les conseils aux futurs jeunes mamans

J’apprends beaucoup de choses depuis que je suis devenue maman. Une chose sort du lot, le fait de savoir s’entourer… dans la maternité, la parentalité ou l’entrepreneuriat, il faut savoir s’entourer, trouver son village. 

Quand tu deviens maman, n’écoute que toi. Tu as fait tout ce qu’il fallait faire, donc quand il est là fais toi confiance. Tu es la meilleure personne pour ton bébé. Ton instinct ne sera que le bon. Si tu veux dormir avec ton bébé, dort avec ton bébé."

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