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Quand la maternité révèle les inégalités

talm maternité
talks5 min de lecture

À l’occasion du 8 mars, nous avons souhaité donner la parole à la Fondation des Femmes, qui soutient depuis des années les associations engagées pour les droits des femmes partout en France.

Avec elles, nous avons parlé de maternité : de ce moment de vie souvent présenté comme heureux, mais qui révèle encore aujourd’hui de fortes inégalités. Précarité des mères seules, violences économiques, difficultés après une séparation… autant de réalités encore trop peu visibles.

Dans cet entretien sincère et éclairant, la Fondation des Femmes rappelle une chose essentielle : devenir mère ne devrait jamais rimer avec fragilisation.

Depuis 2016, vous soutenez financièrement et juridiquement des centaines d’associations de défense des droits des femmes. Quel est aujourd’hui le combat le plus urgent ?

Le combat le plus urgent est de donner aux associations de terrain les moyens d’agir à la hauteur des besoins. Partout en France, ce sont elles qui accueillent, hébergent, écoutent et défendent les femmes victimes de violences ou en situation de grande précarité.

Mais aujourd’hui, le manque de moyens reste immense. En France, les politiques pour les droits des femmes représentent l’un des plus petits budgets de l’État, alors même qu’une femme sur neuf sera victime de violences conjugales au cours de sa vie. C’est un paradoxe terrible : on parle beaucoup plus des violences depuis le mouvement #MeToo, les plaintes ont explosé, mais les investissements n’ont pas suivi.

Derrière ces chiffres, il y a des réalités très concrètes : des associations qui ferment des permanences faute de moyens, des femmes qui n’ont plus de lieu où aller, et des équipes de terrain épuisées.

Face à cela, la Fondation des Femmes agit à travers trois leviers : le soutien financier à des projets à fort impact, le soutien juridique grâce à un réseau d’avocat·es bénévoles, et le soutien matériel, avec des nuitées d’urgence, des locaux et des collectes de produits essentiels. L’enjeu aujourd’hui est très concret : permettre à ces associations de continuer à ouvrir leurs portes, partout sur le territoire.

talm mère enfant

La maternité est souvent présentée comme un moment de joie. Mais elle peut aussi devenir un facteur de vulnérabilité économique, sociale ou juridique. Que révèle-t-elle aujourd’hui des inégalités persistantes entre femmes et hommes ?

La maternité reste un moment important et souvent heureux dans la vie de nombreuses femmes. Mais elle révèle aussi très clairement les inégalités qui persistent entre les femmes et les hommes.

Dans notre société, ce sont encore majoritairement les femmes qui assument la plus grande part des responsabilités parentales et domestiques. Cela se traduit par des carrières interrompues, des revenus plus faibles et une charge mentale plus importante.

Autrement dit, ce n’est pas la maternité en elle-même qui fragilise les femmes. Ce sont les inégalités structurelles qui font que ce moment de vie a encore un coût beaucoup plus élevé pour elles que pour les hommes.

Quelles sont les situations les plus fréquentes vécues par les mères que vous accompagnez ? Et selon vous, quelles évolutions structurelles seraient nécessaires pour que devenir mère ne rime plus avec fragilisation ?

Les mères que nous voyons sont souvent confrontées à la baisse de revenus ou à la perte d’emploi, au temps partiel subi, au manque de solutions de garde et à l’isolement, surtout après une séparation.

Pour que devenir mère ne rime plus avec fragilisation, il faut investir massivement dans un véritable service public de la petite enfance, allonger et mieux partager les congés, sécuriser les droits au moment des séparations et renforcer la protection contre les discriminations liées à la grossesse.

talm bébé allaitement

Les familles monoparentales sont majoritairement composées de mères. Pourquoi restent-elles particulièrement exposées à la précarité en France ?

Parce que ces mères cumulent souvent plusieurs inégalités à la fois. Elles ont en moyenne des revenus plus faibles que les hommes et, lorsqu’elles se retrouvent seules avec des enfants à charge, la situation peut très vite devenir fragile.

Les pensions alimentaires sont parfois insuffisantes ou impayées, et l’organisation du travail reste encore peu adaptée à la réalité de ces familles.

Résultat : beaucoup de mères portent presque seules le coût économique et organisationnel de la parentalité. C’est une réalité encore trop peu visible dans le débat public.

Parlez-vous aujourd’hui de « violences économiques » envers les femmes ? Comment se manifestent-elles, notamment dans les parcours de séparation ?

Oui, et c’est une notion de plus en plus reconnue. Les violences économiques font partie des mécanismes qui peuvent maintenir les femmes dans une situation de dépendance ou de fragilité.

Elles peuvent prendre différentes formes : contrôle de l’argent au sein du couple, impossibilité d’accéder aux ressources, dettes imposées, ou encore non-paiement des pensions alimentaires après une séparation.

Dans les parcours de séparation, on voit très souvent que les femmes assument l’essentiel des charges liées aux enfants et au quotidien. Ce déséquilibre peut avoir des conséquences très concrètes et durables sur leur situation économique.

talm femme enceinte

Voyez-vous émerger de nouvelles formes de solidarité entre femmes ces dernières années ?

Oui, très clairement. On voit se multiplier des formes de solidarité très concrètes : des collectifs de femmes, des réseaux d’entraide entre mères, des initiatives locales portées par les associations.

Cette solidarité est précieuse et elle existe depuis longtemps dans les mouvements féministes. Mais aujourd’hui, elle prend parfois de nouvelles formes, notamment grâce aux réseaux et à une prise de parole plus forte des femmes dans l’espace public.

Concrètement, que permettent les dons comme ceux reversés par talm à l’occasion du 8 mars ? Et, au-delà du don, comment chacun·e peut-il soutenir concrètement les droits des femmes au quotidien ?

Ces dons permettent très concrètement de financer l’action des associations qui accompagnent les femmes au quotidien. Cela peut prendre la forme d’aide juridique, d’hébergement d’urgence, d’accompagnement social ou encore d’actions de prévention.

Derrière chaque don, il y a des actions très concrètes qui deviennent possibles sur le terrain.

Au-delà du don, chacun·e peut aussi s’engager de différentes manières aux côtés de la Fondation des Femmes. Cela peut être en participant à nos mobilisations solidaires, comme la Nuit des Relais (le 8 avril à Paris, le 4 juin à Bordeaux) ou notre concert solidaire Nos Voix pour Toutes, en relayant nos campagnes de sensibilisation ou en soutenant les associations que nous accompagnons.

talm famille maternité

Quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes femmes qui deviennent mères aujourd’hui, dans un contexte social parfois incertain ?

Nous voudrions leur dire qu’elles ne sont pas seules. De nombreuses associations, des professionnelles et des réseaux de solidarité existent pour accompagner les femmes dans toutes les étapes de leur vie.

Nous croyons profondément que devenir mère ne devrait jamais signifier renoncer à son autonomie, à ses droits ou à ses projets. Notre rôle, à la Fondation des Femmes, est justement de soutenir celles et ceux qui agissent pour que chaque femme puisse construire sa vie librement, avec ou sans enfants.


Pour en savoir plus sur la Fondation des Femmes, rendez-vous sur leur site internet ou sur Instagram.

Le 8 mars 2026, en commandant sur talm.co, vous contribuez vous aussi à reverser 1 % de notre chiffre d’affaires digital à la Fondation.


Merci pour votre soutien.

 

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